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La CNIL et la fin du suivi invisible des e-mails ?

Pourquoi les entreprises envoient actuellement des messages sur les « pixels de suivi »
17 juillet 2026 par
TMWP EUwise Advisors S.A.S.U., Andreas Othersen-Wiegmann

La CNIL et la fin du suivi invisible des e-mails ?


Pourquoi les entreprises envoient actuellement des messages sur les « pixels de suivi »

Depuis plusieurs semaines, de nombreuses entreprises informent leurs clients de l’utilisation de pixels de suivi dans leurs courriels et leur offrent la possibilité de s’y opposer.

Cette vague de messages est directement liée à la recommandation publiée par la CNIL le 14 avril 2026 concernant les pixels de suivi dans les courriers électroniques. La CNIL y précise sa position sur le cadre juridique applicable à ces technologies de traçage. [cnil.fr] 

Qu’est-ce qu’un pixel de suivi ?

Un pixel de suivi est un élément invisible intégré à un e-mail qui permet à l’expéditeur de collecter des informations sur l’interaction du destinataire avec le message.

Selon la CNIL, il peut notamment permettre de déterminer :

  • si l’e-mail a été ouvert ;
  • à quel moment il a été ouvert ;
  • depuis quel type d’appareil ;
  • et, dans certains cas, une localisation approximative dérivée de l’adresse IP. [cnil.fr] 

Les pixels de suivi remplissent une fonction comparable à celle des cookies utilisés lors de la navigation web et peuvent être utilisés à des fins très diverses : mesure d’audience, amélioration de la délivrabilité, personnalisation des contenus ou encore analyse comportementale. [cnil.fr] 

Pourquoi la CNIL s’intéresse-t-elle à cette pratique ?

Pour la CNIL, la messagerie électronique constitue un espace personnel destiné à la consultation de contenus privés.

L’utilisation de pixels de suivi soulève donc des questions importantes en matière de protection des données personnelles et de respect de la vie privée. C’est notamment l’augmentation du nombre de plaintes reçues sur ce sujet qui a conduit la CNIL à publier des recommandations spécifiques. [cnil.fr], [cnil.fr]

L’objectif affiché est d’améliorer la transparence, de clarifier les obligations des organisations et de permettre aux personnes concernées de mieux exercer leurs droits. [cnil.fr] 

Le paradoxe du consentement : peut-on refuser un suivi sans être soi-même suivi ?

C’est probablement la question la plus intéressante du moment.

De nombreuses entreprises proposent désormais un lien permettant de s’opposer au suivi des e-mails.

Mais, d’un point de vue technique, le système doit nécessairement savoir :

Qui a demandé la désactivation du suivi ?

Le simple clic sur le lien d’opposition entraîne généralement une identification du destinataire afin que son choix puisse être enregistré.

Autrement dit :

  • l’utilisateur refuse le suivi ;
  • le système reçoit néanmoins une information lui permettant de traiter cette demande ;
  • l’entreprise doit ensuite garantir que cette information ne soit pas utilisée à d’autres fins.

La véritable question n’est donc pas de savoir si le clic est techniquement enregistré, mais :

Que devient cette information après l’opposition ?

Un modèle respectueux de la vie privée consiste à conserver uniquement :

Plain Text1Adresse e-mail2+3Statut : opposition au suivi4+5Date de la demandeWeitere Zeilen anzeigen

sans enrichissement marketing, profilage ou segmentation supplémentaire.

Une évolution qui pourrait dépasser les frontières françaises

Même si cette recommandation émane de la CNIL, les enjeux sont clairement européens.

La CNIL indique elle-même que son analyse s’inscrit dans le prolongement des travaux européens relatifs aux technologies de traçage et qu’elle complète les lignes directrices déjà existantes concernant les traceurs et technologies similaires. [cnil.fr]

À ce jour, aucune autre autorité européenne ne semble avoir publié une recommandation finale aussi détaillée spécifiquement consacrée aux pixels de suivi dans les e-mails.

Cependant, la position française pourrait constituer une référence pour d’autres autorités de contrôle dans les mois et années à venir.

Les entreprises opérant dans plusieurs États membres de l’Union européenne auraient donc intérêt à suivre attentivement cette évolution.

Que doivent faire les entreprises ?

Les organisations devraient dès à présent vérifier :

  • si des pixels de suivi sont utilisés dans leurs e-mails ;
  • quels objectifs sont poursuivis (délivrabilité, statistiques, marketing, profilage, etc.) ;
  • si une information ou un consentement supplémentaire est nécessaire ;
  • comment les mécanismes d’opposition sont mis en œuvre ;
  • quelles données sont conservées après l’exercice du droit d’opposition.

Cette analyse concerne aussi bien les services marketing que les responsables conformité, les DPO et les directions juridiques.

Conclusion

Pendant longtemps, les pixels de suivi ont été considérés comme un simple outil technique permettant de mesurer l’efficacité des campagnes d’e-mailing.

La recommandation de la CNIL rappelle qu’un pixel invisible peut soulever des questions fondamentales en matière de protection des données, de consentement et de respect de la vie privée. [cnil.fr] 

Derrière une image invisible d’un pixel sur un pixel se cache aujourd’hui un débat beaucoup plus large :

Jusqu’où les entreprises peuvent-elles suivre l’activité numérique de leurs destinataires, et comment concilier performance marketing, transparence et respect des droits fondamentaux ?

Une chose est certaine : le sujet des pixels de suivi est désormais sorti de l’ombre. Et il est probable que la discussion ne fasse que commencer à l’échelle européenne.

TMWP EUwise Advisors S.A.S.U., Andreas Othersen-Wiegmann 17 juillet 2026
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